Notes conférence Paris Capitale du Libre 2008

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  • Création ou MAJ importante : 04/10/08
  • Correction mineure : 01/12/11

Notes conférence Paris Capitale du Libre 2008

Dernière mise à jour : 4/10/2008

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Ces notes peuvent être
inexactes, incomplètes et refléter les centres
d'intérêts d'un informaticien du CNRS. Elles
retranscrivent des informations ou avis des orateurs prisent au fil
de l'eau donc avec des redites, des digressions... N'hésitez
pas à me signaler toute erreur :
Jean-Luc [dot] Archimbaud [at] urec [dot] cnrs [dot] fr
.

Le site de
l'événement : http://www.paris-libre.org/

Les photos de l'événement : http://www.flickr.com/photos/linagora/

L'événement est organisé
par la FniLL, Fédération nationale de l'industrie du
Logiciel Libre. Il s'est déroulé à
la maison internationale (cité internationale) de Paris les 24
et 25 septembre 2008 avec une session principale, 2 sessions off en
parallèle, une cinquantaine d'exposants. Ces notes concernent
uniquement la session principale.

Les intervenants (50 dont 20 étrangers) étaient de très
haut niveau, majoritairement des chefs d'entreprise qui fournissent
de l'Open Source ou des responsables de services R&D d'origines
diverses avec une large ouverture vers les USA et l'Europe.

Les sessions principales étaient
en français ou en anglais (casque avec traduction simultanée
disponible). Le programme était diffusé en anglais.
Elles ont consisté principalement en des tours de table, sans
support projeté avec comme modérateur un journaliste de
la presse informatique.

Il y a eu 3000 visiteurs inscrits.
Le public était constitué principalement
de responsables d'entreprises d'Open Source, de DSI ou responsables
de services Open Source de grands groupes et de quelques
administrations, pas de « geek ». Dans la
session principale, il y avait entre 50 et 200 personnes dans
l'assistance selon les heures.

Terme privilégié et très
majoritairement utilisé dans la conférence : « Open
Source ». Néanmoins dans ces notes LL est le plus
souvent utilisé, car court et OS a une autre signification
dans notre métier.

Remarque pour la
communauté Enseignement Supérieur – Recherche : les
organismes de recherche, universités et le MESR n'étaient
pas présents dans la table ronde sur l'Open Source dans
l'administration et n'ont jamais été cités comme
exemple dans les exposés. Néanmoins, présence de
:

Mercredi 24 septembre 2008

Ouverture du forum

Alexandre Zapolsky président de
la FniLL (Fédération Nationale des Industries du
Logiciel Libre), CEO Linagora

  • FNILL organisateur
  • 3ième édition de
    l'événement
  • Soutiens dans la sphère publique
    : Mairie de Paris, Ministère de l'Economie et des Finances et
    Sénat
  • Nombreux soutiens d'entreprises : 59 organisations partenaires
  • Objectif de l'année prochaine :
    événement international : World Open Source Forum (WOS Forum)

Le logiciel libre : où en est la France ?

La France fut l’un des pionniers
en Europe de l’utilisation du logiciel libre ainsi que de sa
promotion. Les premières initiatives gouvernementales ont eu
lieu dès le début des années 2000, avec le
gouvernement Jospin, puis les gouvernements successifs, Raffarin et
Villepin ont chacun à leur manière soutenu le
développement du marché du logiciel libre.
Y-a-t'il
en France une volonté d’une politique industrielle en faveur
du logiciel libre?
Quelles sont les positions du gouvernement
français face au développement de cette nouvelle
économie? Où en est le RGI? Comment faire en sorte
que la France reste dans la compétition mondiale ?

Animateur : Bertrand
Lemaire, rédacteur en chef, CIO-onLine
Président :
Benoît Sibaud, Président, April
Intervenants : Yvon
Rastetter – écrivain, Jean-Pierre Corniou - Directeur
général Adjoint SIA Conseil, David Jonglez - Directeur
Camp To Camp, Fabien Potencier - PDG Sensio créateur de
Symfony

Un article est paru récemment
aux USA titré « Ce que la France peut enseigner aux
US en matière de logiciel libre ».La France est pionnière mais
attend le RGI (c'est un des rares moments où celui-ci a été
cité). Naissance de l'Open Source il y a 25
ans aux USA, en France depuis 12 ans. L'APRIL a publié un livre blanc
sur le secteur économique du LL en France.

Caractéristiques de la France :

  • Secteur associatif très
    important

  • De plus en plus de création
    de services logiciel libre dans les DSI

  • Certains ministères
    basculent vers le LL donc poussée du secteur public

  • Des enseignements spécialisés
    sur le LL

  • Le grand public connaît.

PME-TPE

  • Phase en cours : arrivée
    des applications métiers et PGI (les équivalents
    commerciaux très lourds et chers donc avantage à
    l'Open Source)

  • Problème de ces entreprises
    : multiples petites entités indépendantes donc besoin
    de mutualisation (des expressions de besoins, développements...).
    2 exemples : les multiples logiciels pour médecins libéraux,
    développées par de très petites structures ont
    été une catastrophe (pour les entreprises et les
    clients). Un regroupement de 11 sociétés
    agro-alimentaires du Sud-Ouest pour faire développer un PGI
    libre est un exemple à suivre. Mais ce n'est pas gagné.

  • Processus lent de migration vers
    le LL : il faut maintenir un existant qui doit continuer à tourner (on ne peut pas faire table rase) et il n'y a généralement pas de
    compétence en LL.

Grands comptes

  • Le libre grignote des parts de
    marché

  • Le libre « clandestin »
    reste. Les DSI ont du mal à afficher une politique dans ce
    domaine

  • La compétition
    internationale et la compétitivité du SI imposent une
    baisse des coûts donc le LL

  • Existant installé non libre
    très important et très lourd : obligation de le
    garder. Dans une DSI les applications ont un âge de 8 ans en
    moyenne

  • Le libre va entrer dans des
    projets lourds

  • Applications métier :
    beaucoup trop de micro-éditeurs en LL peu fiables. Il faut de
    plus grosses entités.

Exemple de domaine : géomatique

  • Domaine de l'informatique
    appliquée à la géographie, beaucoup utilisé
    par les ministères tels que l'agriculture et d'autres

  • Depuis longtemps basé sur
    les LL

  • Organisation mise en place :
    association similaire à Apache

  • Veiller à ce que l'esprit
    libre reste.

Exemple de produit : société
Sensio

  • Produit le framework Web Symfony

  • PME, 50 personnes, très
    petite mais force de frappe importante grâce aux contributeurs.

APRIL et ses constats

  • 2400 membres individuels pour la
    plupart qui ont « l'esprit libre »

  • Il y a toujours des développeurs
    passionnés

  • Pour réussir un produit, il
    faut faire vivre la communauté, répondre aux
    questions, diffuser de la documentation...

  • Un produit doit faire de la
    communication pour être connu... mais dans le LL les
    meilleures solutions restent ce qui n'est pas le cas des produits
    propriétaires

  • Parmi les nouveaux produits qui
    sortent (même commerciaux), beaucoup de récupération
    de briques existantes LL

  • Un logiciel Open Source est créé
    car il y a un besoin, donc il répond de fait à un
    besoin.

Divers

  • La France a des atouts dans le
    libre : en informatique elle a perdu le hardware, les « gros
    logiciels », elle peut jouer un rôle au niveau
    mondial dans le libre. Elle doit créer une vraie industrie
    basée sur les LL avec rémunération des
    différents acteurs

  • DSI : pas d'idéologie à
    avoir pour choisir entre un ERP libre et SAP : c'est un choix
    suivant les besoins, les compétences et l'existant

  • Attention aux modèles
    économiques de produits libres repris par les grands groupes
    de l'informatique : dérives possibles

  • Pour créer une communauté
    : il faut un réel savoir-faire à compléter par
    une démarche commerciale et marketing. Google par exemple,
    sous une apparence de gratuité complète, a une
    démarche très marketing.

  • Grande réticence des
    banquiers à financer des sociétés LL : ne
    connaissent pas, pas de produit à montrer (souvent support,
    service uniquement)

  • Certains gros acteurs (banques...)
    utilisent les LL mais ne le disent pas

  • Dans les appels d'offre, pour
    avoir des réponses Open Source : imposer les formats ouverts
    et l'accès au code source

  • La musique suit un parcours
    similaire au logiciel. L'orientation est : musique gratuite (code
    gratuit) et concerts payants (services payant)

Quoi de neuf dans le monde de l’Open Source ?

Tout le monde est conscient de la
fracture numérique entre les pays riches et les pays en
développement. Pour beaucoup il apparaît extrêmement
difficile à ces pays de revenir dans la compétition
économique mondiale en jouant avec les règles du jeu du
logiciel traditionnel. L’une des opportunités consiste,
comme pour certains pays d’Asie, à tirer partie du
développement de l’informatique libre pour développer
une économie numérique puissante. Comment le logiciel
libre peut-il permettre de réduire cette fracture numérique
et cette fracture économique ? Quels sont les exemples de
réussite ? Que faut-il faire pour généraliser
ces réussites ?

 

Animateur : Jean Rognetta - Journaliste
Les Echos
Président : Tristan Nitot -
Président Mozilla Europe
Intervenants : Sander Striker - Vice
Président Apache Foundation, Ross Turk - Community Manager
Sourceforge, Emma McGrattan - Vice President Ingres, Cyrille Béraud
- PDG Savoir-Faire Linux

Mozilla et l'arrivée de Chrome

  • Cette arrivée relance
    l'innovation (IE est très mauvais donc pas de concurrence)

  • C'est une stratégie normale
    pour google qui est limité par les fonctions d'IE dans son
    déploiement de nouveaux services : il lui faut maîtriser
    aussi le navigateur

  • Google ne veut pas tuer Mozilla
    mais Microsoft

  • Google finance Mozilla à 80
    % pour 3 ans encore

L'Open Source est maintenant bien
présent dans les logiciels généraux et dans tout
ce qui est innovant. Nouvelles tendances :

  • La virtualisation

  • Le très facile à
    utiliser-installer : focalisation sur l'utilisateur et la simplicité

  • S'impose dans les logiciels
    embarqués (pas d'existant donc terrain vierge)

  • La sophistication est dans des
    add-on, extensions : 500 dans Firefox. Cela permet d'intégrer
    de nombreux développements et fonctionnalités sans
    charger l'interface utilisateur standard

  • Besoin d'assurance des entreprises
    sur le long terme

Fracture sociale et open source
Les avis divergent pour savoir si c'est
un plus (à cause de la gratuité, la facilité
d'utilisation) ou un moins (demande des compétences pour
installer...)

Crise économique
Pas vraiment un avantage pour le LL :
le coût bas est un plus mais les contributeurs sont souvent
employés dans des sociétés qui vont subir la
crise

Divers

  • Les OS sur les plates-formes qui
    peuvent évoluer : pas un problème pour les LL qui
    tournent généralement sous tous les OS (60 % sous
    Windows)

  • WebOS avec Google : n'est pas
    encore présent et toujours plus de chargements (de logiciels)
    sur source-forge

  • L'utilisateur n'aime pas changer
    ses habitudes sur son poste de travail : ainsi Ubuntu a des
    difficultés à s'imposer

Etats-Unis : le logiciel libre, roi de l’économie
numérique ?

L’économie du logiciel est
en train de complètement évoluer. Plus aucune start-up
ne se finance sans baser son innovation sur un modèle Open
Source. Déjà, de grandes success stories ont eu lieu.
Sun a racheté MySQL pour près d’un milliard de
dollars ! Citrix a racheté Xen pour 500 millions de dollars !
Alors, l’Open Source est-il en train de devenir le meilleur moyen
de créer de la richesse aux Etats-Unis? Doit-on, pour réussir
à vendre ses logiciels, passer par un modèle de
diffusion Open Sourc ? Comment réagissent les grands acteurs
de ce marché? Pourquoi un tel engouement?

Animateur : Dominique Piotet - CEO
Atelier BNP Paribas à San Francisco
Président : Bdale Garbee -
Responsable de la Stratégie Open Source HP
Intervenants : Andrew Aitken - CEO
Olliance organisateur de l’Open Source Think Tank, Mark Radcliff -
Avocat DLA Piper expert, Ismael Ghalimi - CEO Intellio, Nick Halsey -
Jaspersoft

Spécificités Etats-Unis /
Europe

  • A l'origine de l'Open Source

  • Nombreuses fondations Open Source
    depuis l'origine

  • But commercial en premier,
    l'aspect communauté est plus secondaire qu'en Europe

  • Les créations sont souvent
    européennes et les bénéfices (succès
    commerciaux) américains. Exemple : MySQL origine Scandinavie.

  • Plus facile d'avoir des
    financements (capitaux à risque)

  • Les investisseurs connaissent
    maintenant l'Open Source et pour financer ils veulent des précisions
    sur les licences, le modèle économique...

  • Les responsables / services avec
    des intitulés 'Open Source' sont courants dans les
    entreprises

  • Des chiffres sur l'expansion,
    participants très évasifs : difficile de mesurer.

Qui achète ou utilise l'Open
Source ?

  • Toutes les entreprises

  • 7-8 entreprises majeures dans
    l'Open Source, à dominance dans le domaine des applications

  • De plus en plus de middleware et
    de bases de données Open Source

  • Les hébergeurs utilisent
    beaucoup d'Open Source

  • Les universités aussi

Licences

  • Le problème des licences
    (choix...) n'est pas un frein

  • 6 licences sont utilisées
    majoritairement

  • Les sociétés
    regardent attentivement les licences des produits

  • Les sociétés de LL
    doivent avoir un « business model » et après
    choisir le type de licence de leurs développements

Qu'est-ce qu'une communauté?

  • La connaissance est en dehors de
    l'entreprise

  • Impossible sans Internet

  • Des contributeurs très
    variés en terme de localisation, âge, langue, origine :
    avantage

  • Les contributeurs sont différents
    avec des buts différents -> avoir un bon message clair
    pour faire vivre la communauté

  • Pour une entreprise, il faut créer
    une communauté pour aller sur le marché de l'Open
    Source

  • Très important : il faut
    faire vivre la communauté et la maintenir, autrement les
    personnes vont ailleurs

Comment fait-on de l'argent ?

  • En vendant des packages : mise à
    jour, support, test – formation – documentation : donc des
    activités très similaires à celles d'un éditeur
    de logiciel commercial

  • Exemple d'une société
    qui diffuse un Open Source : sur 1000 chargements d'un logiciel sur
    son site, elle compte un client

  • L'expertise, c'est ce qui est
    vendu : plus globalement c'est le service rendu pour aider à
    utiliser le logiciel

  • Plusieurs « business
    models », pas un seul

  • Remarque : le terme « business
    model » définit la méthode pour créer
    et distribuer du logiciel, à ne pas confondre avec le
    modèle financier ou la valeur ajoutée

  • L'Open Source dope la production
    de logiciel.

L’Europe peut-elle encore gagner la bataille du
Libre?

Le marché du logiciel libre est devenu le marché
des technologies de l’information le plus dynamique au niveau
mondial. C’est un marché qui croît annuellement à
plus de 50% ! Il dépasse en croissance tous les autres marchés
(virtualisation, stockage, progiciels, conseil, …) Sur ce marché,
la situation de l’Europe fut résumée par
Viviane Reding lors des Assises du Numérique qui se sont
déroulées en France le 29 mai 2008 : « Alors que
80% de la production de LL (OSS) est d’origine Eur, la plus grande
part de la VA dans ce secteur va aux Etats-Unis. Et où sont
nos champions européens dans le Web 2.0 et les services
internet? ». Quelle place souhaite avoir l’Europe dans cette
nouvelle grande compétition mondiale? L’Europe peut-elle
encore être la championne du logiciel libre?

Animateur : Guillaume Sierres -
journaliste Journal du Net
Président : Elmar Geese -
Président Linux Verband
Intervenants : Roberto Galoppini –
Atlantica, Jean-Pierre Laisné - President Ow2, Jean-Marie
André - Senior VP Corporate Development PurpleLabs

L'Open Source est une opportunité
pour l'Europe qui a de bon atout.

Une licence libre européenne
existe : EUPL (European Union Public licence.

Projet européen pour faciliter
l'accès à toutes les forges existantes en cours.

La commission finance beaucoup le libre
dans le domaine de la recherche en particulier.

En CA, l'Open Source représente
2,5 .

Handicaps de l'Europe :

  • 22 langues en Europe (dont autant
    de traduction) contre une seule aux USA

  • Trop d'organisations diverses
    autour du libre : il faut qu'au moins elles se connaissent, il y
    aura un écrémage

  • Beaucoup d'organisations /
    développeurs : ne pas augmenter cette tendance

  • Bien rémunérer les
    développeurs

Forces de l'Europe – recommandations
:

  • S'appuyer sur les standards comme
    le GSM

  • Les développeurs (et
    beaucoup d'universités européennes en forment de très
    bons) ne sont pas prêts à s'expatrier

  • Il ne faut pas penser en terme de
    frontière, tout doit être global : les produits...

  • L'Europe doit veiller à
    bien mettre des limites, faire l'arbitrage lors d'abus : quand des
    sociétés présentent des produits comme libres
    alors qu'ils ne le sont pas...

  • La France est en tête de
    l'Europe pour l'Open Source : administration, bons ingénieurs,
    marché

  • Une plate-forme collaborative
    comme OW2 est un bon exemple pour d'autres domaines

  • L'Europe n'est pas un handicap
    pour monter une entreprise Open Source / USA

Remise des prix Lutéces d'or

A la mairie du 13ième arrondissement de Paris, lors d'un dîner avec 350
personnalités mondiales du logiciel libre. en présence du Ministre Eric Besson : " l'industrie du libre marche bien en France et s'exporte, l'administration l'utilise, je ne suis pas un promoteur du libre".

Prix dans 12 catégories différentes :

  • Meilleure action communautaire menée : Fondation Gnome - nominés : 0W2 consortiumn, Sésamath
  • Meilleure action de promotion du Libre menée : Veni Vidi Libri - nominés : Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines, Expolibre / Apitux
  • Meilleur projet d'innovation et de développement Libre réalisé : Association les Complexes, projet « La Poule ou l'oeuf » - nominés : Sensio Labs - Projet Symfony, Talend Open Studio
  • Meilleur projet Libre réalisé pour une collectivité locale, un centre hospitalier : Projet Kolibri et radio Kolibri pour l'association « L'enfants @ l'hôpital » - nominés : Projet liberaccès, Mairie de Rueil Malmaison
  • Meilleur projet Libre réalisé par une Administration, une collectivité publique : Météo France, projet réalisé par ATOS WORLDLINE - nominés : Projet PLUME par UREC (CNRS), Prometée « Clé en main » par LEGTA des Eméyères
  • Meilleur projet Libre réalisé par une PMI-PME : Société 3 Plus, « ERP5 Express » - nominés : France 24, Sensio Labs, projet « Symfony »
  • Meilleur projet Libre réalisé par un grand groupe : Xerox, projet « Codendi » - nominés : France Telecom, projet « Phenix », Orange Labs, projet Solipsis
  • Meilleur projet Libre réalisé au niveau mondial (hors France) : OpenOffice.org - nominés : OpenSuse « OpenSuse build service », Lyx - The document processor
  • Meilleure stratégie logiciel libre mise en oeuvre : Mairie de Rueil Malmaison - nominés : France Telecom « Phenix », Atos Origin, projet SMO
  • Lutèce de la personnalité de l'année : Bdale Garbee, Responsable de la stratégie Open Source, HP, Etats-Unis
  • Prix spécial du jury : Association APRIL
  • Grand Prix du jury : Région Ile de France

JEUDI 25 septembre 2008

Entreprise, Logiciel Libre : « Je t’aime…
Moi aussi ! » Quelles gouvernances pour les projets libres en
entreprise?

Animateur : Yann Serra - Journaliste 01
Informatique
Président : Bruno Annick - DSI
de TDF
Intervenants : Yves de Talhouet -
Directeur General HP France, René Kraft - Directeur general
Adjoint I-CDC, Boris Auché - Responsable Offre Open Source
BULL, Frédéric Lau - Animateur Groupe de Travail CIGREF

Un poste de travail (IHM) Open Source
est difficile à promouvoir dans l'entreprise : mauvaise
perception des utilisateurs habitués à Windows

Pour l'Open Source, les entreprises ont
besoin de connaître les licences, d'avoir des compétences
techniques, une entité pour superviser les process OpenSource.
Il faut qu'elles aient une stratégie Open Source

Savoir si compétences techniques
: si pas, externaliser

Prévisions Gartner : en 2010
Open Source 22 % du marché, Open Source 75 % des nouveaux
projets

Le mythe de la gratuité LL en
entreprise n'existe plus mais est remplacé par le juste coût
: OK pour payer de vraies prestations, pas des taxes comme les
licences. Mais les entreprises doivent être attentives à
payer pour l'usage, en terme de création de valeur.

La qualité et la compétence
sont les éléments de choix d'Open Source

L'avantage de l'Open Source est de
pouvoir dépenser différemment, c'est-à-dire
vraiment ajuster avec le niveau de service que l'on veut sur
l'applicatif

Il faut être attentif aux
standards

Il faut reverser à la communauté
du libre

L'Open Source permet d'innover, de
tester, d'être inter-opérable

Introduire l'Open Source demande une
gestion du changement

Qui manipule l'Open Source ?

  • Beaucoup de stations dual boot
    inconnues des DSI

  • Il y a des compétences (en
    logiciel libre) souvent inconnues dans les entreprises, même
    chez les plus anciens. Le recul de l'âge de la retraite peut
    permettre de « recycler » des informaticiens
    dans l'Open Source, domaine qui peut attirer. Ce peut être
    aussi une seconde chance

  • Les développeurs sont
    généralement attachés à un OS et
    adhérents ou non à l'Open Source. Or, pour qu'il
    travaillent correctement, il faut qu'ils « soient
    heureux » : en tenir compte dans les choix. Avoir un
    panel de développement libre ou pas permet de répartir
    ces développeurs avec ce critère

  • L'Open Source est un élément
    de promotion sociale (développeur reconnu par la
    communauté...), ce peut l'être aussi dans l'entreprise

  • Dans un CV l'Open Source peut être
    un plus mais pas toujours

Prestataires

  • Le choix du prestataire dépend
    du contrat de service ou temps de rétablissement du service
    (SLA-GTR) que l'on veut. Exemple TDF : 8 applications critiques pour
    200. Mais il faut que les engagements des prestataires soient tenus

  • Il y a beaucoup d'offres de
    support Open Source

  • Les licences duales permettent à
    des sociétés de vivre

  • L'accès aux correctifs de
    bug est plus rapide que pour les produits propriétaires

  • La relation client-prestataire
    change avec l'Open Source

Divers :

  • Open Source : on apprend comment
    développer à plusieurs avec de nouveaux outils

  • Pour certains pays l'Open Source
    est une stratégie nationale

  • Les nouveaux pays émergeants
    peuvent donner des leçons

Editeurs, et si vous tiriez partie de l’Open
Source?

Les modèles de développement,
de commercialisation et de distribution de l’Open Source s’imposent
peu à peu face aux modèles traditionnels. Comment les
éditeurs classiques s’adaptent-ils face à ce
phénomène? Après avoir pendant longtemps
minimisé, voir dénigré, la montée en
puissance de l’Open Source, ils sont de plus en plus nombreux à
intégrer dans leur stratégie tout ou partie de ces
nouveaux modèles. Ainsi, certains transforment leur modèle
de développement, d’autres ouvrent leur distribution et
mettent en Libre une partie de leur code source, enfin d’autres
inventent de nouvelles lignes de produits (ou les rachètent !)
complètement libres. Certains orthodoxes du Libre y voient
également une menace pour le Libre dans son ensemble, parlant
même de « baiser de la mort »…

Animateur : François Tonic -
journaliste Programmez
Président : Roger Burkhardt -
ancien DSI du NYSE et CEO d’Ingres
Intervenants : Dave McAllister -
Director Standards and Open Source, Guth Rich - VP Actuate, Aaron
Fulkerson - CEO Mindtouch, Konstantin Papaxanthis – CEO PrimeKey

Impacts de l'Open Source chez les
éditeurs

  • Il y a plus d'innovation dans
    l'Open Source due au mode de production communautaire

  • De nouvelles sociétés
    sont apparues qui offrent des services divers autour de l'Open
    Source

  • Les sociétés
    traditionnelles : réagissent et se remettent en cause,
    intègrent et adoptent les LL, construisent des modèles
    économiques hybrides

Pourquoi les clients adoptent les LL

  • Réduction des coûts

  • Innovation pilotée par les
    clients

Exemples de modèles économiques

  • Distribution de versions gratuites
    et d'autres payantes (avec plus de fonctionnalités ou du
    support)

  • Le cœur du produit gratuit, les
    add-on payants

  • Vente de support, de souscriptions

  • Vente de formation

  • Vente de développements
    spécifiques autour d'un produit gratuit

  • Vente de prestations
    intellectuelles : conseils...

Pourquoi les éditeurs
adoptent-ils l'Open Source ?

  • Avoir une plus large communauté
    de développeurs

  • Réduire les coûts de
    vente. Pour le logiciel commercial la règle admise est 1 Euro
    pour produire, 2 Euros pour vendre

  • Au niveau marketing, cela
    court-circuite le process qui consiste à présenter le
    produit au client, le laisser essayer ... En LL, une version est en
    ligne disponible immédiatement sans intervention

  • Permet de collaborer avec des
    universités, des laboratoires de recherche, des développeurs
    individuels

Comment voir la qualité d'un
logiciel Open Source :

  • Nombre de téléchargements
    : non

  • Nombre de contributeurs : oui

  • Qualité des contributions :
    surtout

Divers

  • Problème des nombreuses
    versions à gérer : il faut avoir une bonne politique
    en partant du fait qu'il y a deux audiences : les développeurs
    qui veulent la dernière version et les utilisateurs en
    production qui veulent la version stable (avec un support éventuel)
    : donc proposer 2 versions

  • Responsabilité : problème
    en mixant les licences (bien étudier), l'utilisation de
    bibliothèques est le plus délicat

  • Comment se différencier :
    innover, adresser des métiers, avoir un très bon site
    Web

  • Avec l'Open Source un petit
    éditeur peut adresser directement de grandes sociétés

  • Les clients ne veulent plus payer
    des licences (pour les produits propriétaires), et ne veulent
    plus de changement de versions payante

  • L'OS n'est pas un problème,
    les produits Open Source tournent maintenant en grande majorité
    sur tous les OS

Grand témoin - Bernard Benhamou, Délégué
aux usages Internet

  • Le LL est nécessaire, par
    exemple pour sa transparence comme logiciel de vote

  • Mais pas tout LL

  • Conférence « Internet
    du futur » 5-6 octobre à Nice :
    http://www.internet2008.eu/

  • Nouveaux arrivants sur Internet :
    le téléphone portable comme plate-forme, les objets
    (puce RFID dans tous les objets)

  • Les technologies embarquées
    sont basées sur des LL

  • Avec l'Internet des objets de gros
    risques de surveillance big brother : le citoyen doit pouvoir
    désactiver les puces RFID... , il faut développer des
    codes ouverts pour communiquer et pas pour contrôler-surveiller
    la vie.

Le secteur public en croque pour les logiciels
libres

En Europe, le secteur public, les
administrations centrales, les collectivités, le secteur de la
santé, utilisent très largement le logiciel libre. Il
existe même des programmes spécifiques (par exemple, au
Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Norvège) pour encourager
l’usage de ces logiciels. Récemment, le 11 juin 2008, lors
de l’Open Forum, la Commissaire Européenne, Neelie Kroes, a
vivement encouragé les administrations à utiliser des
logiciels libres, en estimant qu’ : " il s’agit d’une
décision intelligente ». Pour certains, le logiciel
libre répond aux enjeux stratégiques d’informatisation
du secteur public, pour d’autres, il permet de réduire les
coûts et d’augmenter l’efficacité de l’argent
public, enfin, il semble aussi que ces logiciels soient
particulièrement adaptés aux contraintes de l’achat
public. Ce qui est certain, c’est que le secteur public en «
croque » pour les logiciels libres ! Pourquoi un tel succès? Quelles en sont les raisons? Doit-on encore accompagner le
développement du Libre sur ce secteur? La compétition
entre logiciels libres et logiciels traditionnels est-elle faussée?

Animateur : Ludovic Nachury -
journaliste 01net.com
Président : Jean-Séverin
Lair - DSI Ministère de la Culture
Intervenants : Sylvie Chauvin -
Directrice Markess International, François Elie - Président
Adullact, Christophe Jeantet - Partner Secteur Public France,
Philippe Kanony - Directeur Général Adjoint LOGICA

Le libre dans une administration

Avantages : Budget - Possibilité
de personnalisation, adaptation - Gestion de parc avec les licences
plus simple - Evite la lourdeur de marchés publics
Désavantages : Demande plus de
compétences - Il faut toujours argumenter ses choix LL auprès
de sa direction

Etude réalisée cet été: 20 interviews de l'administration
centrale et 60 des administrations locales

  • Utilisez vous le LL ? : tous en
    central, 85 % en local (70 % l'année passée)

  • Budget LL : 10 % année
    passée, 13 % cette année avec 16 % du budget en
    central et 11 % en local

  • Augmentation budget : prestations
    externes (surtout maintenance 30 %, formation 50 %)

ADULLACT

  • Association pour diffuser et
    développer des LL dans l'administration et les collectivités
    territoriales

  • Président : F. Elie
    professeur de philosophie et élu local

  • Principalement focalisée sur
    les logiciels métier (exemple, la gestion de cimetières)
    : les besoins sont les mêmes dans toutes les communes par
    exemple

  • Méthode : regrouper les
    besoins, lancer un appel d'offre de développement libre

  • Besoin de communautés de
    clients : qui définissent les besoins, éventuellement
    développent. C'est eux qui doivent reprendre du pouvoir. Mais
    souvent des difficultés « psychologiques »

  • Attention aux brevets logiciel
    (que l'Europe distribue déjà et qui peuvent
    verrouiller tout logiciel libre) et au travail non payé des
    développeurs (ces producteurs sont à la base du
    logiciel libre et dans la chaîne il ne faudrait pas que ce
    soit les seuls à ne pas avoir de retombée financière
    autrement ils arrêteront de contribuer)

Divers

  • Il faut que le privé fasse
    du libre et le dise : cela facilitera l'acceptation dans
    l'administration

  • Attention au terme LL qui peut
    être usurpé. La garantie est d'avoir une communauté
    multi-acteurs sur chaque souche de logiciel pour une assurance de LL

  • Le libre s'est développé
    « par le bas » avec les infrastructures et 80
    % de l'activité concerne le collaboratif, les portails,
    l'accès Internet. La tendance actuelle est le décisionnel,
    bientôt les PGI

  • Pour les applications critiques il
    est fait appel à des sociétés externes

  • Il n'y a plus d'incitation à
    passer au libre dans l'administration mais le management technique
    assure le choix et certains ministères sont en avance : il
    faut toujours du courage et l'implication d'une personne

  • Côté marchés
    publics il y a tout ce qu'il faut pour intégrer le libre dans
    les réponses avec la documentation nécessaire

  • Les grandes écoles et
    universités françaises ont souvent une culture du
    libre, mais les éditeurs propriétaires essaient
    d'avoir des accords avec certaines formations (c'est ce qui s'est
    produit avec les formations off shore)

  • Les licences CeCILL sont-elles
    utiles ?

  • Pas de problème juridique
    pour utiliser les ASP (Application Service Provider) sauf les
    archives qui doivent rester « à la maison »

Grand témoin - Larry Augustin, VA Linux
Founder, Open Source Idol

3 éléments montrent la poussée de l'Open
Source :

  • Augmentation des investissements dans ce domaine

  • Augmentation de l'adoption :
    Selon Gartner 13 %
    en 2007, 21 % en 2010
    En 2012, 80 % des produits contiendront de
    l'Open Source

  • L'Open Source est de meilleure qualité de le logiciel propriétaire. Exemple de chiffres :
    Les défauts par
    KLOC (milliers de lignes de code) : Linux 0,1 et les autres Unix (propriétaires) 0,5
    Les
    « function failures » dans le code : Deux fois plus sous SunOS et Windows que sous
    Linux
    Le temps de corrections des bugs : en moyenne : RedHat 11,2 jours alors qu'il faut 16,1 jours pour
    Windows

Comment devenir riche en vendant du gratuit?

De plus en plus d’entrepreneurs
choisissent la voie du logiciel libre avec comme objectif de détrôner
les leaders mondiaux de l’informatique. Ils ont tous en tête
les réussites de MySQL, Jboss, Red Hat, Xen, Ximian, GlueCode,
… Toutes ces sociétés se sont au moins vendues
plusieurs millions de dollars, et pour certaines, plusieurs centaines
de millions de dollars ! Qui sont les acteurs et les témoins
de ces réussites? Comment fait-on pour bâtir les
business models de demain, et ceux qui créent de la valeur?
Comment une nouvelle génération d’entreprises tire
partie économiquement du phénomène logiciel
libre pour gagner?

Animateur : Pascal Boulard -
journaliste La Tribune
Président : David Marr - VP
Legal Sun
Intervenants : Laurent Kratz - CEO
JAMENDO, Sacha Labourey - Co-fondateur Jboss, David Axmark - VP SUN
fondateur MySqL, Michel-Marie Maudet - Directeur Général
Adjoint LINAGORA

Il faut d'abord avoir un marché
(ceci ne change pas)
Il n'y a pas de meilleur « business
model », cela dépend de ce qu'on veut vendre et du
marché
Ne pas avoir comme objectif d'être
racheté (très cher) par un grand groupe
Il faut créer une communauté
L'Open Source force à rester
honnête, l'avantage va vers le client qui n'est pas prisonnier
de l'entreprise de service puisqu'il peut acheter le service ailleurs
Les modèles de ventes
traditionnels doivent s'adapter car le pouvoir est entre les mains
des clients
Se transformer d'éditeur
traditionnel en Open Source prend du temps : SUN a mis 10 ans
Une évolution de la demande en
LL est un engagement sur le long terme, ce qui conduit certaines
sociétés à devenir éditeur
Une difficulté : expliquer aux
clients qu'ils doivent payer pour quelque chose de gratuit

Fichier attachéTaille
Notes Paris Capitale Libre 09 2008.pdf74.51 Ko

Commentaires

Idées personnelles sur la note JLA

Quelques remarques et réflexions sur la note de JLA "Paris Capitale du Libre, septembre 2008"

Mes notes ne renvoient pas à l'article mais aux pages du fichier pdf joint à l'article des notes de JLA sur la conférence.

Page 3 : exemple de produits de la société Sensio. Il est indéniable aujourd'hui qu'une société éditrice de logiciels dits "libres" acquiert de la crédibilité par la communauté qu'elle fédère autour de se projet. Il est intéressant ici de noter que la création de valeur ne dépend plus de la société elle-même mais d'acteurs extérieurs. La communauté doit donc être gérée comme un projet : des règles de fonctionnement claires sans toutefois "brider" la créativité de ces membres. L'avenir de certains emplois est peut-être dans la modération de ces communautés.

Page 3 : Réticence des banquiers à financer des sociétés dans le logiciel libre. Un projet de création d'entreprise obéit à un certain parcours auprès des financeurs (CETI, OSEO, fonds d'amorçage, capital-risque). Généralement les banquiers doivent intervenir à la fin une fois que la société a fait son entrée sur son marché.

Page 4 : Google finance 80 % de la fondation Mozilla. Quelle est l'indépendance de la fondation ?

Page 5 : Les investisseurs connaissent maintenant l'Open Source et pour financer il veulent des précisions sur les licences et sur les modèles économiques. Il est donc temps de disposer de véritables "experts" en licences de logiciels libres car elles sont réellement très nombreuses et avec des implications très diverses.

Page 5 : Qu'est-ce la communauté ? Une communauté se conduit comme un véritable projet. Toutefois les membres ne doivent pas voir le sentiment d'être bridés dans leur créativité. Ils doivent toujours être reconnus et pas seulement moralement. La conciliation des contraires est toujours un exercice difficile.

Page 6 : la création d'un portail français des forges existantes dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche pourrait être l'un des futurs projets de PLUME.

Page 6 : Sur un marché où les acteurs sont nombreux, une phase de concentration est inéluctable pour que le marché devienne mature. D'autres marchés l'ont démontrés par le passé.

Page 8 : Le suivi des projets libres devient également une nécessité. Les "forks" sont courants. Il convient de disposer d'outils pour cartographier la vie d'un projet et identifier les implications que cela peut avoir notamment en matière de licences et des conséquences subséquentes.

Cédric Beucher

Responsable Valorisation IRIT
Tél : 05 61 55 63 04
Fax : 05 61 55 54 79
Courriel : beucher [at] irit [dot] fr
Web : http://www.irit.fr